CHAPITRE 1: Le sang coule...
Une larme...
Une larme coule sur ma joue, s'enfuie et s'écrase plus bas, mes larmes sont rouges,
rouges du sang que je viens de verser sur l'asphalte.
Au début, cette transformation me plaisait, qu'il y a t il de plus beau que la vision nocturne d'une vie, une âme étrangère à son monde, regarder les autres dans leur intimité sans qu'ils se doutent de mon existence. Avoir le regard perçant, pouvoir voir dans le noir, pouvoir voir loin sans se tromper, ceci est nécessaire à un vampire, mais hélas, je me lasse de tant de trépas engendré par ma main, je me lasse, après tant d'années, de cette beauté ténébreuse qui enveloppe la ville à la tombée de la nuit, tuer des personnes, femmes séduites ou hommes perdus, chaque nuits, cela me dégoûte tout ce sang impure et impie qui coule dans mes veines et qui ne m'appartient pas, me révulse le c½ur et les sens, la mort, omniprésente dans ma vie, prend une place si grande que je ne sais qui je suis, si je suis encore vivant ou non. Suis-je en vie ?
Non car le jour ne m'appartient plus, je me nourrie de la vie des autres, je suis une bête sanguinaire aux désirs funestes annonciateurs de mort. Suis-je mort alors ? Non plus car je marche, je bouge, je me fonds dans l'immensité humaine et je respire. Qui suis-je alors ?
Mon amour, ma vie, mon c½ur, celle qui m'a fait est heureuse tel qu'elle est. Dois-je lui détruire son bonheur en me donnant la mort de mon plein gré ? Mais il est vrai que je suis immortel. Pourtant je pleure comme un mortel, voyez mes larmes, voyez ma voix déchirée ! mes sanglots et mes cris ne me mèneront nulle part. je vais m'éloigner, je vais partir, loin d'elle, loin de moi, loin de tout, doucement, lentement et sans fanfare. Là, loin du monde, je me laisserais mourir de faim, d'amour et d'envie.
Là, allongé sur le trottoir, près d'un cadavre qui perd ses couleurs au fil des minutes, je pense à la suite de ma longue vie. Cette femme était jeune et belle mais maintenant que la vie l'a abandonnée, maintenant que ses membres sont raides et froids, ses pupilles ouvertes très larges et ce mince filet de sang qui goutte dans le caniveau, maintenant elle parait vieille, ridée et affreuse, la mort est affreuse. Nous ne devons pas avoir peur de la mort puisque nous ne serons plus la pour la vivre. Mais nous pouvons avoir peur de notre façon de mourir et de ce que notre corps devient dès que la faucheuse le touche. Cette jeune femme aurait pu faire un beau vampire : être surnaturel, arpentant les ruelles obscures et malfamées des grandes villes à la recherche d'être humains déjà morts, bien que encore debout, leurs yeux vitreux et vides, errants sans but et sans joie.
Des gens approchent, me voient et accourent. Les larmes les troublent et brouillent leurs esprits. Ils me plaignent et me relèvent en me disant que hélas ma fiancée est morte. Si seulement ils savaient que cette jeune femme, ce cadavre pourrissant sous le regard de la lune et le flot de la pluie, est mort par mes crocs.
Au détour d'une ruelle, je me fonds dans la pénombre, cache mon visage trop blanc, mes cheveux et mes vêtements trop noirs et ainsi échappe à leurs regards. Ils me cherchent un instant sous la pluie battante puis abandonnent et s'en retournent à leurs affaires, trop content de ne pas se méler du malheur d'autrui.
Je suis là, adossé à une porte en bois, trempé de haut en bas, mes cils collés entre eux voient les larmes couler sur mes pommettes. Mes cheveux se collent sur mon visage et ma peau est encore plus froide que d'habitude. La lassitude me renverse, je pousse un long soupire, profond et interminable...
CHAPITRE 2: La boite à souvenirs
La porte s'ouvre grande et je tombe lourdement à terre. Je regarde le plafond, je reste sur le sol poussiéreux de cette pièce sombre. Le bruit de la pluie me ramène à la réalité. Je me relève, regarde de mes yeux de vampire. La pièce est sale, petite et peu rangée, un carreau est cassé en son centre, des morceaux sont à terre. Les araignées et les rats sont rois. Je pourrais partir d'ici mais je décide de visiter. Une grande armoire prend presque tout le mur à l'opposé de la porte d'entrée, un miroir sur l'une des portes est en parfait état, juste un peu sale. Je prends un pan de mon vêtement et l'essuie totalement. Soudain dans le coin haut droit, la glace se fend et se brise en barrettes et tombe sur le sol en un bruit strident. Derrière cette glace brisée se trouve un objet brillant. Mais qu'est ce donc que cette chose ? je n'ose y toucher appréhendant un désastre. Que dois-je faire ? un bruit derrière moi me fait retourner. Ce n'était qu'un chat. Décidons-nous, décidons-nous, dois- je prendre cet objet ou non ? de toute façon, au point ou j'en suis, je ne peux pas tomber plus bas dans le mal. J'approche doucement ma main aux ongles noirs et longs, je touche l'objet : il est froid, froid comme mon c½ur, froid comme mon sang. C'est du métal. Une boite. Lourde.
Je la prends et la dépose sur la petite table ancienne située non loin. La boite métallique est très belle, gravée avec soin de signe que je ne connais pas et de dessins que je distingue mal. Il n'y a pas de cadenas, je suis donc libre de l'ouvrir et d'en faire ce que j'en veux. Cette boite me fais penser à celle de pandore. Mon esprit, brouillé par mon malheur, arrive encore à fonctionner, à penser mais ma volonté est indépendante. Je voudrais l'ouvrir et satisfaire ma curiosité dévorante, comme pandore, mais mon esprit me dit de ne pas l'ouvrir pour ma propre sécurité, instinct de survie dit-on. Alors, que faire ? j'hésite...
La volonté est la plus forte. J'ouvre la boite...
Une senteur étrange, odeur d'un autre âge, d'un autre temps. Je dépose le couvercle a plat, a coté. Un miroir. Un miroir est dans la boite. Un simple miroir, c'est tout. Je dois dire que je suis déçu. Je m'attendais à un démon. Je prends le miroir dans mes mains, je ne cherche même pas à me regarder, cela ne sert à rien, je suis vampire. Dans la boite, il y a autre chose : un ours en peluche. Un ours avec un ½il en moins et bras déchiqueté puis raccommodé. Je touche cet ours. Soudain, un flot d'émotions m'envahit, j'ai des flashs, je vois mon enfance, mon ancienne vie, pas ma mort d'aujourd'hui. Je revois ma mère, mon père, ma chambre et mon ours. Je pleure, je veux lâcher cet ours qui me fait tant de mal, mais il ne veut pas me laisser partir, il m'entraîne un peu plus dans un monde, l'ancien monde de ma vie, de mon ancien bonheur...
Enfin, le calvaire s'arrête, je jette l'ours à travers la pièce avec une rage folle. Pourquoi me faire ça ? Pourquoi s'amuse t on à m'enfoncer un peu plus dans les méandres des ténèbres ? je veux m'en aller de cette pièce maudite. La porte se ferme alors et me laisse dans le noir. Le temps de m'habituer au sombre que des bougies s'allument toutes seules. Il y en a beaucoup, elles s'allument une à une dans un ordre bien précis, je me tourne vers chaque bougie qui s'éveille. Je tourne sur moi-même, un tour, deux tours, trois tours : j'ai mal à la tête, quatre tours, cinq tours, six tours : je me sens mal, je vais défaillir. 7 tours, 8 tours, 9 tours, je sombre...
Les flammes dansent, elles semblent sourire, toutes ensembles, devant mon esprit tiraillé et meurtri par tant de souffrance engendrée par les autres et par mon esprit même. Mes yeux me font mal, ils doivent être rouges. Les larmes rendent les yeux rouges, je n'ai jamais compris pourquoi...
La chaleur envahie cette pièce infiltrée d'eau de pluie. Il pleut depuis deux semaines. Lumière et chaleur sont en opposition avec la noirceur, les ténèbres et l'humidité d'abord éprouvé en entrant dans cette pièce maudite. En tout cas, je ne ressens qu'une chose : l'emprisonnement. La porte est bloquée, tout ce qui se trouve dans cette pièce n'est pas ce qu'il semble être. Les objets sont faux, ils sont animés de vie alors qu'ils semblent morts. Il est néanmoins vrai que tout dans cette pièce est une supercherie car même moi, je ne suis pas ce que je semble être. Je suis vampire sauvage et meurtri par mon destin, et je semble être humain froid et antipathique, je cherche la faille chez les autres et l'exploite...
Il n'y a rien a faire, la pièce n'a visiblement pas envie de me laisser sortir, je suis piégée. Une idée étrange me vient à l'esprit, peut être dois-je accomplir quelque chose dans cette pièce avec ses objets, ensuite, la porte s'ouvrirait et me laisserait libre de partir comme bon me semblerais. Je me retourne et je cherche l'ours en peluche, je suis au centre de la pièce. L'ours est là, posé sur le miroir, assis, calme, un ours en peluche. Je me dirige vers la table, il y a un chandelier allumé, la boite que j'ai posé tout à l'heure, le miroir avec comme cavalier l'ours, des livres et des toiles d'araignées. Je me rends soudain compte que le temps et l'espace sont étrange dans ce monde. En effet, je ne peux plus parler de pièce car elle n'a plus rien de réelle, c'est un monde bien particulier. Les toiles d'araignées, fils d'argent reliant un objet à un autre, petite construction parfaite de la nature, piège de mort, sont épaisses et nombreuses. Elles relient le chandelier à la boite, la boite à l'ours, l'ours aux livres. C'est impossible, je dois rêver, je viens de poser cette infâme boite et elle semble encore couverte de poussières et posée sous un drap de toiles d'araignées. Le temps doit passer plus vite. Un sourire immoral se pose sur mes lèvres : je suis immortel, le temps ravageur n'a pas d'emprise sur mon physique, mais il en n'en est pas de même pour les objets qui m'entourent. Mon sourire s'envole comme un corbeau, il s'envole très loin, semblant pressentir quelque chose : je décide d'aller voir ce qu'il reste dans la boite.
CHAPITRE 3: Le passé fait mal...
Un mouchoir brodé. C'est un mouchoir en dentelle brodé qui est tapissé au fond de la boite métallique. Il est un peu vieilli, un peu jaune sur les bords. Je prends le mouchoir. Le fond de la boite est noir, c'est étrange car il devrait être de la même couleur que les autres cotés. Hors la, il semble que cette boite n'ai pas de fond, qu'elle est intarissable. Le mouchoir m'échappe et tombe au sol. C'est à ce moment en m'accroupissant pour le ramasser que je remarque que ce mouchoir porte des initiales. Les initiales de ma... Je me relève et sens mes os craqués en un bruit sinistre et sec, j'ai la tête qui tourne, j'ai mal aux tempes et à la nuque. Je m'assois sur une chaise très vieille, qui est à la limite de l'effondrement,
j'évite de trop bouger. Je m'endors...
J'ai peur, je suis dans une voiture, je me dispute avec ma princesse, le fossé se rapproche, se rapproche encore et encore. C'est l'accident. elle est touchée à la tête, moi je suis quasi mort, il y a du sang partout. Je cris son nom sans réponse, elle a le crâne broyé, elle s'est cogné contre le pare brise. La glace est cassée, du sang la macule, je ne sais plus si c'est le sien ou le mien. J'ai du sang partout sur les mains, les jambes, le visage, les cheveux. Le capot défoncé fume tant qu'il peut. Je pleure, j'ai froid, je tremble, le monde vacille, ma princesse bouge, elle est vivante, je prends ce que je trouve pour lui essuyer le sang qui lui coule sur le visage. Elle grimace de douleur. Je me réveille. Je me souviens de tout.
Ce mouchoir, c'est avec ça que j'ai essuyé ma princesse au moment de sa mort.
Le mouchoir est fripé et maculé de sang presque frais.
Je me lève et cri, je hurle à m'en arracher la gorge, je cri ma haine contre le temps, contre le monde qui se plaît à me faire du mal et à me rappeler ma vie avant ma naissance vampire. Je cri contre ces êtres invisibles qui s'amusent à bouger les objets, qui enveloppent mon esprit et lui font faire ce qu'ils veulent, passer du passé au présent et être présent dans le futur, tel est la vie d'un immortel. Le miroir est sur la boite, la boite est fermée et l'ours doit être dedans car il n'est plus sur la table. Je craque, je veux mourir, les souvenirs me reviennent de plus en plus, ils se bousculent dans ma tête mais ils sont si clairs. Je me souviens l'avoir rencontrer dans la campagne alors que j'errais pour trouver de l'aide, je m'étais extirpé de la voiture, j'avais mal partout, souillé de sang. On aurait dit zombie marchant au milieu de la route sans savoir ou aller. Un vampire a croisé ma route en ce soir tombant. C'est mon vampire, ma femme, celle qui m'a sauvé d'une mort certaine à petit feu. Elle m'a fait devenir comme elle, un vampire qu'elle pourrait aimer et chérir, un vampire plus faible à protéger, un vampire ami, un vampire amour et un vampire enfant. Je suis tout cela réuni pour elle. J'ai donc abandonné ma fiancée agonisante dans la voiture en perdant ma mémoire. Et j'ai troqué mes souvenirs passés pour une vie faites des paroles de mon vampire, tout m'a échappé jusqu'à aujourd'hui. Cela fait environ un siècle que cela est arrivé, cela fait un siècle qu'elle m'attend, là où vont les morts. Je me surprends à me diriger vers le miroir. Mon corps ne m'obéit plus. Mais qui me dirige ainsi comme une vulgaire poupée de chiffon ? je lutte mais cela est vain. Je me laisse alors guider tout en sanglotant. Mes pouvoirs de persuasion, de maniement de volonté, mes pouvoirs de vampire me font défaut, ils m'abandonnent, ils sont brouillés. Tout à coup, la chose, l'être, je ne sais comment l'appeler, me libère. Je reprends le pouvoir de mon corps. Je suis planté devant la table, j'ai le choix de prendre le miroir. Pour l'instant, il est retourné. Je demande à voix haute, au hasard si quelqu'un m'écoute, ou est l'intérêt que je m'observe dans un miroir qui ne renvois pas mon image. Comme on pouvait s'y attendre, je ne reçois pas de réponse. Un vent frais chargé de l'odeur de la pluie entre et passe. Je ne distingue aucune ouverture, même la fenêtre brisée ne l'est plus. Je prends le miroir, il me semble plus léger. Je me regarde...Il n'y a rien comme on pouvait s'y attendre, mais je suis déçu, cela fait si longtemps que je ne sais plus a quoi ressemblait mon visage. Puis l'image du décor se meut, bouge, vacille, ondule. Elle se transforme petit à petit, on dirait un écran de cinéma. Je vois ma princesse, tel qu'elle était avant d'être enfermée dans cette maudite voiture, belle, à son avantage. Puis l'image s'en va.
Je suis empli de tristesse et des larmes coulent sans que je m'en aperçoive.
J'ai le c½ur serré a la voir comme cela, a la voir comme elle était avant car il faut que je me souvienne qu'elle est désormais morte et - j'espère- enterrée. Maintenant, une nouvelle image se crée, c'est mon visage, celui que j'étais avant d'être vampire : sourire aux lèvres, moins cadavérique, un humain, un être vivant en fait ! soudain mon visage fait place au visage de mon vampire.
Mais mon image s'est effacée d'un coup, sans transition, sans voilage.
Mon vampire aux yeux bleus de braise, grand, ténébreux et fort. Puis l'image s'efface doucement, elle devient lointaine, pendant ce temps des lettres noires apparaissent tandis que les couleurs du portrait disparaissent. Je n'arrive pas à les lire, je plisse les yeux, j'insiste mais ne déchiffre rien. Qu'est ce que ça veux dire, je crois discerner une phrase, les lettres se font plus nettes, plus distinctes mais je ne lis pas encore comme si mon esprit pas peur se refusait à lire.
J'avance dans le noir, il ne NOUS reste que quelques pas....
Voilà la phrase inscrite en lettres capitales noires sur la glace. Elles s'est imprimées d'un coup autant sur la surface lisse du miroir que sur ma rétine. Pourquoi cette phrase? qu'essaye-t-on de me faire comprendre ?
qui est ce " nous ", j'ai deux choix, deux chemins, deux portes très attirantes l'une comme l'autre, d'abord j'ai le chemin ou je continue cette vie, sortir d'ici, passer la porte de cette pièce, retourner à la réalité, à la vie, retrouver mon amour de vampire, oublier ma princesse, la renier à jamais et continuer de tuer nuits après nuits, avoir peur du soleil et dormir dans mon cercueil noir.
Une vie parfaite en somme... Le second chemin est plus court :
CHAPITRE 4: Le choix des larmes
Le suicide, je retrouve mon âme au pays des morts et l'amour de ma vie.
Toujours devant ce miroir, je vais m'asseoir pour réfléchir, je laisse la glace sur la table. Je ne sais que choisir, l'animal en moi prend une place très importante mais il me reste quelques bribes de moi, de mon être premier, originel. Le cheval noir du désir me pousse à mettre fin à ma vie immortelle pour revoir mon amour, mais le cheval blanc de la raison me dicte de vivre : toujours l'instinct de survie. Et ma volonté, cocher de ce char à deux chevaux, ne sais que faire. Ma volonté ne m'appartient plus. L'être - je pense qu'il y a qu'un seul être - qui hante cette pièce me prend quelque chose à l'intérieur de mon corps, de ma tête.
Il me serre le crâne pour en expulser quelque chose, mais quoi ?
Ma volonté faiblis, celle de rester éveillé et paré au combat, j'ai beau être surnaturel, il est plus fort que moi, il me bat cet être invisible et vicieux, je sombre sous les coups à répétitions de l'ennemi. Les bougies sont toujours présentes, je sens leur présence bienveillante et réchauffante. Je suis aveugle, mes paupières sont closes. Je sens une présence surnaturelle, ce n'est pas un humain qui tourne autour de moi, ce n'est pas un humain qui me caresse les cheveux et le cou. Mais qu'est ce donc ? ces caresses, très agréables, se transforment en une poigne d'acier qui m'enserre la gorge. Je sens ses doigts entrer dans ma chair, je manque de souffle, je vais m'évanouir, je me réveille haletant, ma gorge me fait souffrir, elle me brûle. J'ai du mal à discerner le moment ou je suis évanoui du moment ou je suis conscient. Cela signifie qu'il faut que je me dépêche de choisir entre les deux portes de ma future vie. En fait, ma destinée s'est accélérée tout à coup. Le second tournant de ma vie est pour maintenant. Parfois dans la vie on se rend soudain compte que ce que nous allons accomplir va être important pour la suite de notre vie. Cela n'arrive pas souvent, notre vie est faite de chamboulements mais nous ne sommes pas toujours capables de savoir quand ils vont se produire. Aujourd'hui est le jour d'un grand chamboulement dans ma vie, je le sens, je le sais. Je dois choisir entre deux mondes, celui de la lumière, de la résurrection de mon âme et celui des ténèbres, de la mort et de l'éternité. Je vais choisir la lumière, donc ma mort. Car après tout, pourquoi m'a-t-on permis de me souvenir de mon passer si ce n'est pour y retourner ? je dois y retourner, mourir comme je devrais être mort depuis un siècle. Mon âme s½ur m'appelle à elle, ma petite Princesse, bizarre que je n'ai pas remarqué la ressemble des noms ?
Je suis peureux au fond de moi, dans ma triste vie je n'ai jamais eu le courage nécessaire. Je n'oserais pas me tuer, je le sais. Tuer un vampire est déjà difficile et c'est encore plus dur quand c'est un vampire qui décide de mourir ! ce changement d'idée vous semblera sans doute étrange, lecteurs, mais lorsque nous jouons notre vie, je vous promets qu'on pèse le pour et le contre. il n'y a qu'une chose a faire. Je vais sortir d'ici, j'ai trop peur de souffrir en mourant. Je ne vais rien emporter de cette pièce maléfique, je vais tout oublier et retourner a ma vie. J'aurais voulu retrouver mon âme s½ur mais j'ai trop peur mourir pour cela. La peur de la mort, je viens juste de la découvrir alors que je la côtoie et en use chaque jours. Angelynna m'en voudra éternellement mais quand mon heure sera venue, je reviendrais, elle va me haïr d'avoir choisi ce destin de vivre, cette destinée d'éternel démon à forme humaine.
Je me lève et ne range rien, je vais sortir, j'approche ma main griffue de la poignée mais un frisson de chaleur me stoppe. Je touche la poignée et la tiens fermement. Tant pis pour toi, ange étrange de cette pièce, tu as perdu, je vais sortir, tu n'auras pas le plaisir de me tuer, je prends mon élan ouvre la porte,
sort en courant dans la ruelle et meurt sur-le-champ.
Ma destinée m'a rattrapée le soleil est déjà haut.
Sur mon corps carbonisé viens se poser un grand voile blanc sortant de la pièce, une sorte d'ange lumineux, Princesse m'enveloppe de ses voiles et de ses ailes
et m'emmène dans notre monde. C'était elle l'être que je croyais être mon ennemis, je me rappelle maintenant, un vampire est apparu le jour de l'accident, j'étais dans la voiture, je tenais la main à ma princesse qui se mourrait, le vampire nous a donné le choix de vivre éternellement sous sa forme ou de mourir ensembles, j'avais alors décidé de mourir, mais pas elle, elle m'avait alors mordu, après avoir été transformé par le vampire, toutes ces années, elle exerçait son pouvoir sur moi, de peur que j'apprenne la vérité, mais est-ce vraiment important maintenant, je ne crois pas nous sommes réunis et peut importe où nous allons, nous y allons ensembles, elle et moi, je la sent se consumer contre moi, nous mourrons ensemble, ça y est je comprends la phrase...
J'avance dans le noir, il ne nous reste que quelques pas.....
FIN
Angel Hearth...